La Genèse
C'est le 1er octobre 1881 que débute la grande histoire des Girondins de Bordeaux, dans le quartier des Capucins. A l’époque, l’appellation « Girondins de Bordeaux » n'est pas encore effective ; qui plus est, le club a un statut amateur et surtout omnisport. Ce n'est qu'en 1910 que le football fait son apparition, et ce durant une année. La section football ne reprendra du service qu’en 1919. Peu de temps après, le club fusionne avec l'Argus Sport. Ce dernier transmet aux Girondins ses couleurs : Marine et Blanc. Les joueurs du club, alors appelé Girondins Guyenne Sport, disputent leur premier match officiel en 1920, et entrent d’une drôle de façon dans l'arène : Défaite 12 à 0 face à la Section Burdigalienne.
L'année 1936 voit l’histoire des Girondins se faire plus marquante. Le 2 juillet, le Girondins Guyenne Sport fusionne avec le Bordeaux FC pour devenir une nouvelle association sportive, officiellement nommée Girondins de Bordeaux Football Club en octobre de cette même année. En 1937, sous l’impulsion des Espagnols de l’équipe ayant fuit la guerre civile de leur pays, le club remporte le championnat de France amateur. Dans la foulée, le club dépose une candidature pour accéder au statut professionnel et intègre le groupe B de la 2ème division pour la saison 1937-1938.
1938, année de Coupe du Monde en France, donne enfin un élan salvateur au football français comme en aquitain. Pour l’occasion, la ville de Bordeaux se dote d’un stade vélodrome flambant neuf, à l’architecture révolutionnaire et d’une capacité de 30 000 places. Il est d'ailleurs classé aujourd'hui monument historique. Le stade Lescure est ainsi inauguré le 12 juin 1938, lors du match opposant le Brésil et la Tchécoslovaquie.
La fin des années 30 voit également l’apparition du scapulaire sur le maillot girondin, à l'instar de nombreuses équipes suivant la mode de l'époque.
Les premiers faits d’arme
Le 1er Septembre 1939, les troupes allemandes envahissent la Pologne. La mobilisation générale est déclarée en France, toutes les compétitions sont suspendues. Deux jours plus tard, la France et l'Angleterre déclarent la guerre au Troisième Reich. Les meilleurs éléments de l'équipe girondine, Gallice en tête, sont appelés.

Premier titre pour Bordeaux : la Coupe de France en 1941
Cette période on ne peut plus troublée n'empêche pas les Girondins de remporter leur première Coupe de France, en 1941. Victoire marquant les débuts prometteurs d’un tout jeune club professionnel, elle annonce toutefois 45 années sans retour de ce trophée en terre girondine malgré six finales malheureuses.
Après une magnifique remontée dans l’élite, les Girondins de Bordeaux remportent leu premier titre de champion de France de première division à l'issue de la saison 1949-1950.

Les girondins remportent pour la première fois le championnat de France (1950)
En gagnant ce titre, le club réalise un exploit inédit jusqu'alors : remporter le championnat à la suite d’une montée en première division. Après de fastes années, une ère plus noire fait son apparition. Elle débute en 1956 avec la descente en D2. Le club y demeure 2 ans, mais sa nouvelle montée se soldera par une dernière place, épilogue de ce qui restera la pire saison parmi l’élite. Sous l’impulsion de Salvador Artiguas, les Girondins se donnent lentement mais sûrement les moyens d'être à nouveau membre de l'élite, et en 1962 le club revenu en D1 finit 4ème du championnat.
Jusqu’en 1978, les résultats sont moyens et irrégulier, ce qui ne proscrit pas à de talentueux jeunes inconnus de pointer le bout de leurs crampons. Parmi eux un certain Giresse, mais aussi Jean Gallice, Philippe Bergeroo, ou encore Jean-François Domergue.
La ruée vers l’or
L’année 1978 offre l’arrivée à la tête du club d’un personnage qui marquera l’histoire des Girondins de Bordeaux, et en fera l'un des clubs majeurs en France comme en Europe : Claude Bez, dont la principale motivation est d'ériger une grande équipe.
A cet égard, en 1980 Aimé Jacquet arrive au centre d’entraînement de Roquevielle et prend les rênes de l’équipe. En outre, de nouveaux joueurs font leur apparition, tels que René Girard, Jean Fernandez et surtout un dénommé Marius Trésor.
En 1983, le club décide d’accélérer sa montée en puissance. Le centre d’entraînement se déplace au Haillan, et les Girondins commencent à se faire valoir sur la scène européenne. 1984 sera l’année du premier titre de cette nouvelle ère, le second titre national du club. A la suite du championnat d’Europe des nations remporté par une équipe de France comptant de nombreux joueurs bordelais, Bordeau x fort de son titre, continue sa marche en avant en gagnant un 2ème titre consécutif. Au niveau européen c’est également le beau fixe puisque ce n'est qu'en demi-finale de la Coupe des Champions que les Girondins s'inclinent face à la Juventus de Turin de Platini. Ce match retour à domicile gagné 2-0 par les Bordelais (défaite 3-0 à l’aller en Italie), restera comme l’un des matchs les plus marquants de l’histoire du club, avec au passage le record d’affluence au stade Lescure (environ 42000 personnes).
Si les Girondins échappent de peu à leur première finale européenne, cette dernière se conclura par le drame du Heysel et la victoire anecdotique de la Juventus.

L’année suivante, Bordeaux termine 2ème du championnat et gagne la Coupe de France. Celle qui faisait défaut au palmarès du club depuis tant d’années, est remportée aux dépends d’une autre équipe qui a alors le vent en poupe : l’Olympique de Marseille. En 1987, Giresse quitte Bordeaux pour Marseille, ce qui n’empêche pas le club d’empocher un quatrième titre de champion de France. Cette année est aussi celle d'une nouvelle victoire en Coupe de France face au même adversaire que l’année précédente : Les Girondins surclassent à nouveau les Olympiens. Parallèlement, ils échouent en demi-finale de Coupe d’Europe contre le Lokomotiv Leipzig, mais cette fois au terme d’une cruelle séance de tirs au but.
Le retour sur terre
Après cette défaite en Coupe d’Europe, nombreux sont les joueurs cadres à quitter le club. Alors que Bordeaux finit 2ème derrière Monaco de ce championnat 1988, une nouvelle génération fait son apparition dont Christophe Dugarry et Bixente Lizarazu. En 1989, malgré un recrutement massif (Scifo, Olsen, Cantona), les résultats ne suivent pas et les Girondins qui se séparent en cours de route de Jacquet, ne s'octroient aucune place européenne. Ce mauvais résultat fait pointer les prémices de difficultés financière sur la plaine du Haillan qui subit de gros travaux. A la fin de l'année 1990, le déficit des Girondins (estimé entre 100 et 300 millions de francs) n’a de secret pour personne. Bez démissionne, et en Novembre le dépôt de bilan entraîne la relégation en 2ème division. Le club se refait une santé dans la division inférieure et remporte le titre de champion de D2 grâce à une équipe dont la génération montante se fait de plus en plus présente.
La remise en selle
La remontée dans l’élite en 1992 et l'entraîneur Roland Courbis ramènent le club en haut de l’affiche, avec l'obtention d'une qualification européenne. S'effectue alors sous l’impulsion de Courbis un recrutement intelligent. Grâce à lui, nous nous réjouirons plus tard d'avoir vu évolué sous nos couleurs le meilleur joueur de tous les temps : un certain Zinedine Zidane, qui sera surnommé Zizou (ou Zimdine Zimdane).
A l’orée de la saison 1995-1996, le club ne se doute surement pas de la grandeur que prendra l'année. Cette saison amène les Girondins à disputer un grand nombre de rencontres nationales et européennes. Ce n’est pas en championnat que le public girondin se fait plaisir puisque Bordeaux finit non loin de la relégation ; L’attraction se situe plutôt au niveau européen où les Girondins, après être passés par la longue qualification en intertoto, commencent un parcours qui attise de plus en plus d’intérêt en UEFA.

C’est un quart de finale qui lancera définitivement la fabuleuse épopée européenne de la saison 1996. A l’aller de ce fameux quart de finale, les Girondins s’inclinent en Italie sur le score de 2-0. Au retour, alors que seul le public bordelais aurait parié sur la qualification, les Bordelais au terme d’un match fantastique et devant un stade comble, s’imposent 3-0 grâce à un doublé de Dugarry et un but de Tholot. Le Milan AC, plus grand club européen de l’époque, s’incline face à Bordeaux et son fameux trio Lizarazu-Zidane-Dugarry, qui fera aussi la joie et les plus grandes victoires de l’équipe de France. Cette victoire permet également d’oublier la défaite face à la Juventus quelques années auparavant.
En demi-finale, les Girondins se débarrassent du Slavia de Prague et se dirigent vers une finale contre le Bayern de Munich. La finale en deux actes dont le premier en Allemagne, est tragique : Les Bordelais amputés de joueurs-clé s’inclinent 2-0. La magie n’opérera pas, lors du match retour à domicile, et Bordeaux s’incline à nouveau sur le score de 3-1, dans un match marqué par la blessure de Lizarazu.
La stabilité
 La défaite en Coupe d’Europe engendre une fois encore des départs en masse, notamment le trio magique ainsi que la présidence. Néanmoins, le club repart immédiatement de l’avant en faisant venir sur le port de la lune une nouvelle génération de joueurs. Ramé, Jemmali, Papin, Micoud, Wiltord et Laslandes entre autres, arrivent au club pour lui rendre son prestige.
Ainsi est amorcée l’incroyable saison 1998-1999, où le groupe girondin, mené par un Elie Baup qui, pour sa première saison complète avec une équipe de l’élite, connaît le succès.
Durant tout le championnat, Bordeaux impose un style de jeu offensif et séduisant ainsi qu’un esprit d’équipe à toute épreuve, guidé par le charismatique capitaine Michel Pavon.
Lors de la dernière journée et à 3 minutes de la fin, Marseille qui mène à Nantes est champion de France. Mais l’entraîneur à la casquette fait entrer le tout jeune Feindouno qui inscrit le but de la délivrance : Bordeaux est champion de France aux dépends de Marseille. C’est ainsi que Bordeaux gagne son 5ème et dernier titre de champion de France à ce jour.
S'ensuit de bonnes performances et les Girondins obtiennent le label européen en réussissant à se qualifier tous les ans pour une Coupe d’Europe, et ce jusqu’en 2004. Pendant cette période, les Girondins gagnent une Coupe de la Ligue en 2002, notamment grâce à la perle lusitanienne connue sous le nom de Pauleta. Cet extraordinaire renard des surfaces marquera un nombre incalculable de buts pour l'équipe girondine durant ses 3 saisons passées au club.
Mais en 2003-2004, la donne change : Le club dirigé par l’actionnaire propriétaire entreprend une cure d’austérité menant au gel des dépenses et aux départs de nombreux joueurs, et pas des moindres ; Dugarry, Sommeil, Bonnissel, Savio et Pauleta quittent tous le navire bordelais. Elie Baup quitte également ses fonctions au cours de cette saison ; Il est remplacé par Michel Pavon.
Pendant sa saison et demi de présence au poste d’entraîneur, le club s’enfonce dans la deuxième partie de tableau du championnat de Ligue 1. Bordeaux échappe même de peu à la relégation en se sauvant in extrémis, lors de la dernière journée à domicile de la saison 2004-2005. Seule satisfaction de cette période trouble : L’arrivée en équipe première de jeunes joueurs prometteurs du centre de formation tels que Mavuba, Chamakh et Francia.
L’été 2005 est marqué par l’arrivée surprise d’un technicien brésilien bien connu en France sous le nom de Ricardo. L’emblématique ancien joueur du PSG a pour mission de redresser le club, ce qu’il va faire avec brio dès la première saison en amenant les Girondins sur la seconde marche du podium. Il s’appuie pour cela sur une défense remar quablement solide, menée de fort belle manière par Marc Planus. Le technicien auriverde réussit également son coup en recrutant des joueurs de son pays d'origine qui l’aident dans la conquête de l’accessit en Ligue des Champions. Ainsi, Fernando, illustre inconnu, devient un des patrons du milieu de terrain, et Denilson, star déchue, redresse son bilan de carrière en faisant une belle saison du coté de la Gironde.
La seconde année s'avère plus difficile malgré le retour de Johan Micoud. Néanmoins, Bordeaux réussit à dompter le Lyon en finale de Coupe de la Ligue et l’emporte sur le score de 1-0, tout un symbole de l’ère Ricardo.
Aujourd’hui
Malgré un bilan plutôt satisfaisant, à savoir, deux qualifications en Coupe d’Europe et un trophée national, Ricardo prend une autre direction et se dirige vers Monaco. Les Girondins à la recherche d’un nouvel entraîneur, ont choisi Laurent Blanc. Le « Président », auréolé de son passé de joueur d’expérience en club comme en sélection, durant lequel il gagna la Coupe du Monde 98 et l’Euro 2000, prend les commandes de l’équipage girondin malgré son inexpérience en tant qu’entraîneur.
Elie Baup n’était-il pas, lui aussi, inexpérimenté quand il prit le groupe girondin en main il y a maintenant presque 10 ans ?... |